Coucher (v. tr., pron. et intr., verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

v. tr., pron. et intr. 

I.
XI e siècle, soi colcer. Du latin collocare, « établir, placer dans une position horizontale, étendre dans sa longueur ».

I. V. tr. Étendre, allonger.
1. Placer, disposer à l'horizontale. Coucher un blessé sur une civière, un brancard, un matelas. Coucher une échelle par terre, une bouteille dans un casier. Coucher un fusil en joue, l'épauler à l'horizontale en l'appuyant contre la joue et, par ext., quelqu'un en joue, le viser avec son arme. La position du tireur couché, allongé sur le sol, par opposition au tireur debout. Par méton. La position couchée. Spécialt. Mettre au lit. Il est temps de les enfants. Il avait une forte fièvre, on a dû le . Malades couchés, que leur état oblige à garder le lit.
2. Renverser violemment, jeter au sol. D'un coup de poing, il le coucha sur le carreau. Le feu des mitrailleuses ennemies coucha de nombreux assaillants, les faucha. La tempête a couché plusieurs arbres en travers de la route.
3. Courber, incliner presque à l'horizontale. Le vent couchait la cime des arbres. L'ouragan couchait le navire sur le flanc. Coucher une plante, la marcotter pour obtenir de nouveaux plants. Tige couchée, qui ne s'élève pas et reste étendue à terre. Le faux mouron, la véronique officinale ont des tiges couchées.


. Coucher le poil d'un chapeau, d'une étoffe.

Pli couché, que présente un tissu plié deux fois sur lui-même


Pli couché, à fort déversement, presque horizontal

4. Étendre en couche sur une surface. Coucher des couleurs, les étendre avec le pinceau l'une à côté de l'autre avant de les fondre. Coucher l'assiette, en parlant d'un doreur, couvrir une pièce de la préparation sur laquelle il appliquera l'or.


Papier couché, qui a reçu une très fine couche d'apprêt destinée à le rendre plus sensible à l'impression. Reproduire des photographies, des illustrations sur papier couché ou, ellipt., sur couché. Tirage sur couché mat.
5. Consigner, mettre par écrit. Couchez-moi ceci noir sur blanc. Cette promesse verbale ne nous suffit pas, il faut votre engagement par écrit. Coucher une idée, un projet, un plan sur le papier. Avec pour complément un nom de personne. Inscrire. Coucher quelqu'un sur l'état des pensions. Je vous ai couché sur mon testament.

II. V. pron. S'allonger à l'horizontale.
1. S'étendre sur une surface. Se dans l'herbe, sur le sable. . Un chien qui se couche, qui se plaque contre terre pour signaler la présence du gibier. Spécialt. Se mettre au lit. Nous nous sommes couchés très tard hier soir. Quand nous arrivâmes, tout le monde s'était couché. Fam. Se , dans certains jeux de cartes, ne pas suivre les enjeux, renoncer. Fig. et pop. Abandonner la lutte, renoncer à soutenir ses convictions, aux dépens de sa dignité. Expr. fam. Se avec les poules, comme les poules, de très bonne heure. Pop. Une marie-couche-toi-là ! une femme de mœurs légères. Vulg. Allez vous ! débarrassez-moi de votre présence ! Prov. Comme on fait son lit, on se couche, chacun doit accepter les conséquences de sa manière de vivre ou de ses négligences.
2. S'incliner, se courber. L'écolier se couche sur son pupitre pour écrire. Le navire s'est couché sur le flanc.
3. En parlant d'un astre. Décliner, disparaître sous l'horizon. À l'heure où le soleil se couche. Le soleil se couchait derrière les nuées. La lune vient à peine de se . Sirius se couche avant l'aube.

III. V. intr.
1. Être étendu pour prendre du repos. Coucher dans un lit, à même le sol. Coucher à la dure. Coucher tout habillé. Coucher sur le ventre, sur le dos. Coucher en chien de fusil, les genoux repliés vers la poitrine.
2. Loger pour la nuit, passer la nuit. Coucher chez soi, chez des amis, à l'hôtel. La chambre à . Les soldats couchaient dans les granges. Transt. Coucher quelqu'un, l'héberger pour la nuit. Expr. fam. Coucher sous les ponts, comme les vagabonds qui y cherchent un abri. Coucher à la belle étoile, en plein air. Pop. Un nom à dehors avec un billet de logement ou, ellipt., un nom à dehors, difficile ou impossible à prononcer, à retenir. Spécialt. Fam. Avoir des relations sexuelles avec quelqu'un. Il y a des années qu'il couche avec elle, qu'ils couchent ensemble.


1ère signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Étendre de son long sur la terre, sur un lit, etc. "Il le coucha sur l'herbe. On coucha le blessé sur un matelas. Saint Louis en mourant voulut qu'on le couchât sur la cendre." On le dit aussi en parlant des Choses. "Coucher une statue par terre. Coucher une armoire, une chaise, une poutre, une échelle, etc."
Il signifie particulièrement Mettre quelqu'un au lit, le déshabiller, l'aider à se mettre au lit, "Coucher un enfant, un malade."
"Se ," Se mettre au lit. "Il se couche de bonne heure." On dit plaisamment dans ce sens "Un couche-tôt."
"Coucher quelqu'un par terre, le sur le carreau, sur le champ de bataille," L'étendre sur la place, mort ou très blessé. "Il coucha son homme par terre. À peine les hommes étaient-ils sortis de la tranchée que le feu des mitrailleuses en coucha cinquante sur le sol. Plus de vingt mille hommes étaient couchés sur le champ de bataille."
Fig., "Coucher quelqu'un sur l'état des pensions, sur une liste, etc.," L'inscrire sur l'état des pensions, sur une liste, etc. On dit plus ordinairement "Porter sur l'état des pensions, sur une liste, etc."
Fig. et fam., "Coucher par écrit," Mettre par écrit. "Il ne suffit pas de faire cette promesse verbalement, il faut la par écrit. Coucher une clause, un article dans un acte, dans un contrat." On dit plus ordinairement "Porter une clause dans un contrat. Coucher un article en recette, en dépense," Employer un article sur l'état de la recette, de la dépense. Cette façon de parler vieillit. On dit plus ordinairement "Porter un article en recette, en dépense."
Par extension, "Coucher en joue," Ajuster son fusil et viser, pour tirer sur quelqu'un, sur quelque chose. "J'avais déjà couché l'animal en joue."
SE COUCHER signifie S'étendre tout de son long sur quelque chose. "Il s'est couché par terre. Se sur un lit, sur un sofa. Se sur le ventre, sur le dos, etc."
Il signifie particulièrement Se mettre au lit. "Ils se sont couchés fort tard. Allez vous ."
Fam., "Se comme les poules," Se mettre au lit de très bonne heure.
Fig. et pop., "Allez vous ," Laissez- moi tranquille.
Prov. et fig., "Comme on fait son lit, on se couche," Il faut s'attendre au bien ou au mal qu'on s'est préparé par la conduite qu'on a tenue, par les mesures qu'on a prises.
Il se dit figurément du Soleil et des autres astres et signifie Descendre sous l'horizon. "Le soleil se a bientôt. Il y a une heure que la lune est couchée."
COUCHER signifie quelquefois simplement Pencher. "Couchez un peu votre papier, vous écrirez plus commodément."
Il signifie également Courber, incliner ce qui est naturellement droit. "La grêle, la pluie et le vent couchent les blés, les herbes. Coucher un sarment, un cep de vigne. Coucher les branches d'un arbuste en terre pour faire des nouveaux plants. Coucher le poil d'un chapeau, d'une étoffe." On dit aussi "Le vaisseau s'est couché sur le flanc."
"Coucher des couleurs" signifie particulièrement, en termes de Peinture, Étendre des couleurs avec le pinceau l'une à côté de l'autre, avant de les fondre.
En termes de Botanique, "Tige couchée," Tige qui ne s'élève point, qui reste étendue sur la terre.
"Papier couché," Papier qui a reçu une couche de plâtre ou de kaolin pour le rendre plus sensible à l'impression.
Il s'emploie aussi intransitivement et signifie Être étendu pour prendre son repos. "Coucher dans un lit, dans des draps, entre deux draps. Coucher sur un matelas, sur la plume, mollement, durement. Coucher sur la dure, sur une paillasse, sur la terre, à terre, sur le ventre, sur le dos, sur le côté. Coucher tout habillé. Chambre à . Quand nous arrivâmes, tout le monde était couché."
Il signifie aussi Loger la nuit en quelque endroit en y prenant du repos. "Il coucha à l'hôtel. Ils allèrent à tant de lieues de Paris. Coucher dehors. Coucher dans la rue. Coucher en ville. Le mauvais temps ne leur ayant pas permis d'aborder, ils couchèrent dans le bateau."
Fig. et fam., "Coucher à la belle étoile." Voyez BEAU.
Fam., "Un nom à dehors," Un nom difficile à prononcer et à retenir.



2ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Action de se , "C'est l'heure de son . Le du roi," ou simplement "Le ," L'heure à laquelle le roi recevait ceux qu'il admettait à lui faire leur cour avant qu'il se retirât pour se . "Le petit du roi," ou simplement "Le petit ," L'espace de temps qui restait depuis que le roi avait donné le bonsoir jusqu'à ce qu'il se mit au lit.
Fig., "Le d'un astre," Le moment où il descend et se cache sous l'horizon. "Au du soleil. De beaux s de soleil." En termes de Peinture, "Ce tableau représente un de soleil," Il représente l'aspect du ciel et de l'horizon au moment où le soleil se couche. On dit aussi "Un de soleil," Un tableau qui représente un du soleil.
Il désigne aussi l'Usage du lit, la façon dont on est couché, soit bien, soit mal. "Il ne paya rien pour son , pour le ."
Il se dit encore de la Garniture d'un lit, comme matelas, lit de plume, etc. "Un bon, un mauvais ."



1ère définition d'Emile Littré

Verbe 



 1   Mettre au lit. Coucher un enfant. Les valets de chambre viennent leurs maîtres. Les garçons de la noce venaient l'épousée.

 2   Étendre quelqu'un ou quelque chose tout de son long sur la terre ou sur quoi que ce soit. Coucher une échelle. On coucha le blessé sur un matelas. Coucher une bouteille sur le côté, la vider.
    Terme d'horticulture. Plier les rameaux jusqu'à terre et les couvrir de terre pour qu'ils prennent racine.
    Terme de doreur. Coucher d'assiette, une couleur rougeâtre pour servir de préparation à recevoir l'or. Coucher de fond, étendre une couleur sur les rouleaux de papier avant de les imprimer.
    Fig. Coucher quelqu'un sur le carreau, l'étendre sur la place mort ou grièvement blessé.
CHATEAUB.: « Dieu dans un moment a couché ce géant [Galérius] sur la terre »
LAMART.: « Ainsi le trait fatal dans les rangs se promène, Et comme des épis les couche dans la plaine »
LE P. CATROU: « Ils couchèrent sur la plaine environ mille cavaliers, plus de quinze mille fantassins et bon nombre d'éléphants »

 3   Incliner, pencher, rabattre quelque chose. La pluie et le vent couchent les blés. Coucher le poil d'un chapeau. Coucher des galons, une dentelle sur une étoffe.
LAMART.: « La brise qui soulève ou couche les épis »
    Terme de marine. Coucher un bâtiment, l'incliner pour le caréner. On dit aussi que le vent couche un bâtiment, quand il l'incline sur le côté.
    Terme de manufacture. Ranger avec la brosse le poil sur un drap tondu à fin.
    Fig. Coucher le poil à quelqu'un, le flatter, le cajoler.

 4   Coucher en joue, donner au fusil une position couchée, horizontale, en l'ajustant à l'épaule et contre la joue pour tirer.
    Fig.
MOL.: « Que l'on couchait en joue, et de plus d'un endroit, Celle dont il a vu qu'une lettre en avance Avait si faussement divulgué la naissance »
HAMILT.: « Il crut que ces longues paupières n'avaient jamais couché que lui en joue »
SCARRON: « La villageoise est belle et jeune, je l'avoue ; Don Alphonse, en passant, peut la en joue »
LE SAGE: « Si tu t'aperçois que quelque parent de don Gonzale ait de grandes assiduités auprès de lui et couche en joue sa succession, tu m'en avertiras aussitôt »

 5   Etendre en couche. Coucher une couleur, de l'or, de l'argent sur....
    Terme de peinture. Coucher des couleurs, les étendre avec le pinceau l'une à côté de l'autre avant de les fondre.

 6   Coucher quelque chose par écrit, mettre par écrit.
RÉGNIER: « Couche de ses faveurs l'histoire par écrit »
HAMILT.: « Nous faisons profession de ne dans ces mémoires que ce que nous tenons de celui même dont nous racontons les faits »
BOSSUET: « Voici comment Luther coucha l'article VI du sacrement de l'autel »
BOILEAU: « .... Tu te souviens qu'au village on t'a dit Que ton maître est nommé pour par écrit Les faits d'un roi.... »
MONTESQ.: « On vient d'exiler un conseiller de notre parlement, parce qu'il a prêté sa plume à les remontrances que le corps a cru devoir faire au roi »
LE SAGE: « Le vieil officier, de son côté, se piquait de savoir bien par écrit »

 7   Inscrire. Coucher quelqu'un sur une liste, sur l'état des pensions. Coucher un article en recette, en dépense.
REGNARD: « Dans peu de temps, j'espère Y voir [dans un testament] mon nom en riche caractère »

 8   Terme de jeu. Mettre comme enjeu. Il est grand joueur, il couche mille écus sur une carte. Coucher gros, jouer très gros jeu, et fig. risquer beaucoup.
    On dit, au neutre, de tant.
    Fig. Coucher gros, avancer quelque chose d'extraordinaire : vieux en ce sens.
RÉGNIER: « La corneille.... Qui, croassant partout d'un orgueil effronté, Ne couche de rien moins que l'immortalité »
CORN.: « Vous couchez d'imposture et vous osez jurer ! »
     Trévoux: Il ne couche pas moins que de faire employer pour lui toutes les puissances
MOL.: « Tu couches d'imposture et tu m'en as donné »

 9   V. n. Prendre son repos de nuit. Coucher dans un lit, sur un matelas. Coucher sur la dure. Chambre à .
FÉN.: « Pygmalion ne couche jamais deux nuits de suite dans la même chambre, de peur d'être égorgé »

 10   Loger ou passer la nuit. Il coucha dans une hôtellerie. Coucher en ville. Coucher dans la rue.
HAMILT.: « Elle le retenait souvent à »
LA FONT.: « .... Vous ennuyez-vous point De toujours seul ? une esclave assez belle Était à mes côtés ; voulez-vous qu'on l'appelle ? »
MARMONT.: « J'ai couché plus mal quelquefois, dit-il ; ayez seulement soin de cet enfant qui me conduit et qui est plus délicat que moi »
    Coucher à la belle étoile, et, populairement, à l'enseigne de la lune, en plein air.
    Coucher dans son fourreau comme l'épée du roi, ou, simplement, dans son fourreau, tout habillé.

 11   Coucher avec une femme, avoir commerce avec elle.
VOLT.: « Jupiter, en couchant avec Alcmène, fait une nuit de 24 heures »
MONTESQ.: « On ne pouvait ensemble la première nuit des noces, ni même les suivantes, sans en avoir acheté la permission »
MONTESQ.: « Un autre vous promet de vous faire avec les esprits aériens, pourvu que vous soyez seulement trente ans sans voir de femme »
MOL.: « Déjà, pour commencer dans l'ardeur qui m'enflamme, Je vais dire partout qu'il couche avec ma femme »

 12   Se , v. réfl. Se mettre au lit. Ils se sont couchés fort tard.
BOILEAU: « Est-ce donc pour veiller qu'on se couche à Paris ? »
BOILEAU: « Pour moi, fermant ma porte, et cédant au sommeil, Tous les jours je me couche avecque le soleil »
BOILEAU: « Je ne me couche point qu'aussitôt dans mon lit Un souvenir fâcheux n'apporte à mon esprit Cent histoires de morts lamentables.... »
LA BRUY.: « Il se couche tranquillement sur une nouvelle qui se corrompt la nuit »
LA FONT.: « T'attendre aux yeux d'autrui, quand tu dors, c'est erreur ; Couche-toi le dernier, et vois fermer ta porte »
    Familièrement. Se comme les poules, se mettre au lit de très bonne heure.
    Populairement. Allez vous , c'est-à-dire laissez-moi tranquille.

 13   S'étendre.
CORN.: « Le reste.... se couche contre terre et sans faire aucun bruit Passe une bonne part d'une si belle nuit »
P. L. COUR.: « Éconduit, il [le courtisan] insiste ; repoussé, il tient bon ; qu'on le chasse, il revient ; qu'on le batte, il se couche à terre »
    Terme de manége. Le cheval se couche en vache, lorsque, dans le décubitus sternal, les talons de ses sabots et les extrémités des branches du fer viennent heurter et contondre la peau du sommet du coude.
    Se sur la volte, se dit d'un cheval qui, malgré son cavalier, force ses inclinaisons dans les changements de direction.
    Être couché, étendu. Ce collet est mal taillé, il ne se couche pas bien sur l'habit.
RÉGNIER: « Sur deux tréteaux boiteux se couchait une porte »

 14   Passer au-dessous de l'horizon, en parlant des astres. Le soleil se a bientôt. à Paris, la Grande Ourse ne se couche jamais.

PROVERBES
    Pour boire de l'eau et dehors il ne faut demander congé à personne.
    Il ne faut pas se dépouiller avant de se , c'est-à-dire il ne faut pas faire, de son vivant, donation de son bien à des enfants ou à des héritiers.
    Comme on fait son lit on se couche, c'est-à-dire il faut se résigner à subir les conséquences de sa conduite.
    Si vous n'en voulez point, couchez-vous auprès, se dit très familièrement à une personne qui refuse une offre que l'on croit raisonnable.

REMARQUE
    1. Se signifie se mettre au lit, s'étendre pour dormir : nous nous sommes couchés à minuit ; et , v. n. signifie passer la nuit, le temps du sommeil : il a couché en ville. Ainsi il ne faut pas dire : il est allé , mais il est allé se , quand on parle de se mettre au lit ; mais on dirait : il est allé dans la rue, c'est-à-dire il est allé passer la nuit dans la rue.
    2. Coucher, v. n. ne se construit qu'avec l'auxiliaire avoir ; cependant Racine a dit : Il y serait couché sans manger ni sans boire, Plaid. I, 1. C'est une licence que rien n'empêcherait d'imiter en poésie.

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Ch. de Rol. II: Sur un perron de marbre bloi se culche
     ib. CXLVIII: Descent à piet, à la terre se culche
     ib. CLXXVII: Quant il se dresse, li soleilz est culchet
     ib. CLXXXIX: S'en ma merci [il] ne se cuizt à mes piez....
    XIIème siècle
     Ronc. p. 6: Et el sepoucre cocher et repouser
     ib. p. 48: Quant à tes piés [elle] se coucha à bandon
     ib. p. 55: [Il] Coche s'adens, durement s'humelie
     ib. p. 68: Dès le matin jusqu'à soleil couchant
     Dame de faiel, dans Couci: Sa chemise qu'[il] eut vestue, [il] M'envoia pour embrasser ; La nuit, quant s'amour m'arguë, [je] La met delez moi couchier
     Th. le mart. 102: E à la nue terre se culchout en ses dras Que il aveit le jur, ne changout altres pas
    XIIIème siècle
     Berte, XIX: De paour [elle] va à dens sur la terre couchier
     ib. XXVIII: En croi sur l'herbe drue doucement [elle] se couchoit
     ib. LVII: Vous deus dedens ma chambre ensemble [je] ai
     ib. XC: Rois, ce n'est pas ma fille qui ci estoit couchie
H. DE VALENC.: « Quant il vinrent laiens, si se coucierent et reposerent jusques à l'endemain après la messe que il alerent au castiel où li cuens estoit »
     Chr. de Rains, p. 10: Li rois Loeys ses peres se coucha au lit mortiel, et le convint partir de cest siecle
     Ch. d'Ant. III, 618: Dont sont tous nos François cochié à genoillon ; Or oïez de Jhesu, en qui croire devon, Com a fait grant vertu, por confondre Mahon
     ib. I, 912: Si tost com ou sepulcre [le St-Sépulcre] iert m'ofrande coucie, Et je l'aurai baisié et m'orison fenie
BEAUMANOIR: « Par devant le segneur desoz qui il couque et lieve »
BEAUMANOIR: « Et s'il ne le trueve d'aventure, il doivent aler fere lor semonce à lor ostel où il est couquans et levans »
BEAUMANOIR: « Dusqu'à tant que les paroles sont couquies en jugement »
JOINV.: « Quant je fus couchié en mon lit, là où je eusse bien mestier [besoin] de reposer »
JOINV.: « Il m'apoia, au passer que je fis, de son glaive entre les deux espaules, et me coucha sur le col de mon cheval »
    XVème siècle
FROISS.: « Mon très redouté et souverain seigneur, je me mets et couche du tout en vostre ordonnance et en la disposition de vostre haut et noble conseil »
E. DESCH.: « Après ce coup là veïssiez Autres coups aller et tenir, Et flourins aller et venir ; L'un couchoit de seize tous francs »
COMM.: « Auquel [Brissonnet] il faisoit conseiller de se faire prestre et que il le feroit cardinal, à l'autre couchoit [promettait] d'une duché »
COMM.: « Qui sçauroient le en meilleur langage que moy »
COMM.: « Coucher une lance en arrest »
     Perceforest, t. V, f° 6: Il dresse le bras dextre à tout la lance au poing ....et quant il fut temps de , il coucha tout droit bonne lance, et tourna sur son ennemy
LEROUX DE LINCY: « Couchier à dix, lever à six »
    XVIème siècle
MONT.: « Mais qu'il s'allast , et qu'il couchast bien soigneusement la medaille sur ses roignons »
MONT.: « Au lieu de ces advis sur ses meurs, chascun les couche en sa memoire »
MONT.: « Les femmes couchant à part de leurs maris »
MONT.: « On les couchoit sur des charriotes pleines de bruyere »
MONT.: « Je couche de peu [j'avance, je risque peu], car.... »
YVER: « Il les portoit l'un après l'autre par terre à chacune rencontre, sans que jamais sa lance fut couchée en vain »
LOYSEL: « La confiscation des meubles appartient au seigneur duquel le confisqué est couchant et levant [domicilié] »
PALISSY: « Drogues couchées avec le pinceau »
AMYOT: « Nous ne laisserons pas de par escript les choses dignes de memoire que nous avons peu amasser du roy Numa »
AMYOT: « Il ne luy restoit plus qu'à l'edict en bons termes »
AMYOT: « Ils les trouverent qu'il estoit ja soleil couché »
D'AUB.: « Il se trompoit, car il n'eust seu d'un nom plus desagreable aux habitans que celui du roi »
     Débat de folie et d'amour, p. 99, dans LACURNE: Se en chapon le morceau au bec [se de très bonne heure]
COTGRAVE: « Qui se couche avec les chiens, se leve avec les puces »
LEROUX DE LINCY: « Qui avec malheureux couche, il a froid, quoiqu'il lui touche »
PALSGR.: « Ils ne sont pas trestous couchez encore, qui auront malvais repos anuict »

ÉTYMOLOGIE
    Bourguig. côchai ; picard et rouchi, couker ; wallon, coûkî ; namurois, couchî ; provenç. colgar, colcar ; ital. colcare, corcare, coricare ; du latin collocare, mettre, poser, de col, pour cum, avec, et locare, placer (voy. LOUER). Le sens général de placer a été réduit au sens particulier de mettre dans un lit ou dans une position analogue à celle qu'on a dans le lit : une lance en arrêt. L'espagn. et le portug. colgar signifient appendre.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE 1. COUCHER. Ajoutez :

 15   Fig. Se auprès, se passer de (métaphore tirée du chien qui se couche auprès de la nourriture qu'il dédaigne).
SÉV.: « Il [d'Hacqueville] fera valoir vos raisons à M. de Pompone, et, après cela, s'ils ne sont contents, vous leur permettrez de se auprès »

REMARQUE 2. Ajoutez : L. Racine dit dans ses Remarques que il y serait couché est une faute d'impression ; mais rien ne justifie cette allégation.


2ème définition d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Action de se mettre au lit. J'étais à son .
    Le du roi ou, simplement, le , réception qui précédait le du roi.
HAMILT.: « Je viens du , où le discours n'a roulé que sur vous »
    Petit , l'intervalle de temps entre le bonsoir que le roi donnait à tout le monde étranger, et le moment où il se couchait effectivement, pendant lequel il demeurait avec les officiers les plus nécessaires de sa chambre ou avec ceux qui avaient un privilége particulier pour y rester.
MOL.: « Pour aller au Louvre au petit »
    On écrit aussi couché.
MOL.: « Moi, pourvu que je puisse être au petit couché, Je n'ai point d'autre affaire où je sois attaché »
    Dicton juridique. Au se gagne le douaire, le douaire n'est point acquis à la femme avant que le mariage ne soit consommé.

 2   Position d'une personne étendue horizontalement. Coucher en supination ou sur le dos, en pronation ou sur le ventre, et sur l'un ou l'autre côté.

 3   Couchée. Il ne paya rien pour son .

 4   Manière dont on couche. Un bon . Il est délicat pour le boire, pour le manger et pour le .
BOSSUET: « Le dessus la dure, la psalmodie de la nuit et le travail de la journée attirent le sommeil à ce corps si tendre »
    La garniture du lit, matelas, etc.

 5   Terme d'astronomie. Moment où un astre passe sous l'horizon. Au du soleil. De beaux s de soleil. Les s et les levers du soleil. Les astronomes distinguent trois s des étoiles : le cosmique, l'acronyque et l'héliaque.
    Se dit aussi des tableaux qui représentent le soleil se couchant. Il a dans sa galerie un très beau de soleil.

HISTORIQUE
    XVIème siècle
AMYOT: « Il luy fut donné deux autres villes, l'une pour son vestir, l'autre pour son »
MONT.: « La mollesse au vestir et »


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Étendre de son long sur la terre, sur un lit, etc. "Il le coucha sur l'herbe. On coucha le blessé sur un matelas. Saint Louis en mourant voulut qu'on le couchât sur la cendre. Saint Laurent fut couché sur un gril, sur des charbons ardents." On le dit aussi en parlant Des choses. "Coucher une statue par terre. Coucher une armoire, une chaise, une poutre, une échelle, etc."
"Coucher quelqu'un par terre, le sur le carreau," L'étendre sur la place, mort ou très-blessé. "Il coucha son homme par terre. Il lui donna un grand coup d'épée, et le coucha sur le carreau. Les ennemis s'avançaient; on fit sur eux une décharge qui en coucha cinquante par terre."
Fig. et fam., "Coucher une bouteille sur le côté," La vider en buvant.
Fig., "Coucher quelqu'un sur l'état des pensions, sur une liste, etc.," L'inscrire sur l'état des pensions, sur une liste, etc. Cette façon de parler vieillit: on dit ordinairement, "Porter sur l'état des pensions, sur une liste, etc."
Fig. et fam., "Coucher par écrit," Mettre par écrit. "Il ne suffit pas de faire cette promesse verbalement, il faut la par écrit."
"Coucher une clause, un article dans un acte, etc.," L'y insérer. "La clause est couchée tout au long dans le testament, dans le contrat. Le greffier coucha cet article dans les registres, etc." Cette façon de parler vieillit: on dit ordinairement, "La clause est portée dans le contrat, etc."
"Coucher un article en recette, en dépense," Employer un article sur l'état de la recette, de la dépense. Cette façon de parler vieillit: on dit ordinairement, "Porter un article en recette, en dépense."
"Coucher en joue," Ajuster son fusil et viser, pour tirer sur quelqu'un, sur quelque chose. "J'avais déjà couché l'animal en joue. Il le tenait couché en joue pour le tirer."
Fig. et fam., "Coucher en joue," Observer, ne pas perdre de vue une personne ou une chose sur laquelle on a quelque dessein. "Il était dans un coin, il la regardait, il la couchait en joue. Il aspire à cette charge, à cette place, il recherche cette fille en mariage, depuis longtemps il la couche en joue."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie particulièrement, Mettre quelqu'un au lit, le déshabiller, l'aider à se mettre au lit. "Coucher un enfant, un malade. Ce valet de chambre couche son maître. Ces femmes de chambre sortiront quand elles auront couché leur maîtresse. Les plus proches parentes couchent la mariée."
Il s'emploie souvent avec le pronom personnel, et signifie, S'étendre tout de son long sur quelque chose. "Il s'est couché par terre. Se sur un lit, sur un sofa. Se sur le ventre, sur le dos, etc."
Il signifie particulièrement, Se mettre au lit. "Ils se sont couchés fort tard. Allez vous ."
Il se dit figurément Du soleil et des autres astres, et signifie, Descendre sous l'horizon. "Le soleil se a bientôt. Il y a une heure que la lune est couchée."
Prov., fig. et pop., "Si vous n'en voulez point, couchez-vous auprès," se dit À une personne qui refuse une offre que l'on croit raisonnable.
Prov. et fig., "Comme on fait son lit on se couche," Il faut s'attendre au bien ou au mal qu'on s'est préparé par la conduite qu'on a tenue, par les mesures qu'on a prises.
Fig. et pop., "Allez vous ," Laissez-moi tranquille. "Qu'il aille se ."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'emploie aussi neutralement, et signifie, Être étendu pour prendre son repos. "Coucher dans un lit, dans des draps, entre deux draps. Coucher sur un matelas, sur la plume, mollement, durement. Coucher sur la dure, sur une paillasse, sur la terre, à terre, à plate terre, sur le ventre, sur le dos, sur le côté. Coucher tout habillé. Ils couchèrent ensemble. Coucher avec quelqu'un dans le même lit. Chambre à ."
Prov. et fig., "Coucher dans son fourreau comme l'épée du roi," ou simplement, "Coucher dans son fourreau," Coucher tout vêtu.
"Coucher avec une femme," Avoir commerce avec elle.



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie quelquefois, Loger la nuit en quelque endroit. "Il coucha dans une hôtellerie, à l'hôtellerie. Ils allèrent à tant de lieues de Paris."
Il signifie également, Passer la nuit en quelque endroit, en y prenant du repos. "Coucher dehors. Coucher dans la rue. Coucher à l'auberge. Coucher en ville. Il couche ordinairement où il soupe. Il ne put arriver en tel endroit, et fut obligé de dans sa voiture. Le mauvais temps ne leur ayant pas permis d'aborder, ils couchèrent dans le bateau."
Fig. et fam., "Coucher à la belle étoile," et pop., "Coucher à l'enseigne de la lune," Coucher en plein air.
Prov., "Pour boire de l'eau et dehors, il ne faut demander congé à personne."



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



actif, signifie quelquefois simplement, Pencher. "Couchez un peu votre papier, vous écrirez plus commodément."
Il signifie également, Courber, incliner ce qui est naturellement droit. "La grêle, la pluie et le vent couchent les blés, les herbes. Coucher un sarment, un cep de vigne. Coucher les branches d'un arbre en terre, pour faire de nouveaux plants. Coucher le poil d'un chapeau, d'une étoffe."



6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi en parlant Des dentelles, et autres choses semblables, qu'on étend sur quelque étoffe. "Coucher des galons, une dentelle sur une étoffe."
Il signifie de même, en parlant Des couleurs ou de l'émail, Étendre une couleur, en mettre une couche sur quelque chose. "Coucher une couleur. Coucher de l'or, de l'argent sur"...
"Coucher des couleurs," signifie particulièrement, en termes de Peinture, Étendre des couleurs avec le pinceau l'une à côté de l'autre, avant de les fondre.



7ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, figurément, Mettre au jeu. "Il est grand joueur, il couche mille écus sur une carte."
"Coucher gros," Jouer gros jeu. Cette locution, qui a vieilli, signifiait aussi, Risquer beaucoup, dans quelque affaire que ce soit. "Tenter une pareille entreprise, c'est gros." Elle signifiait encore, Avancer quelque chose d'extraordinaire, d'excessif. "Il dit bien des gasconnades, il couche gros."



8ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Action de se . "J'étais à son . C'est l'heure de son ."
"Le du roi," ou simplement, "Le ," L'heure à laquelle le roi reçoit ceux qu'il admet a lui faire leur cour avant qu'il se retire pour se . "Il se trouve toujours au lever et au du roi."
"Le petit du roi," ou simplement, "Le petit ," L'espace de temps qui reste depuis que le roi a donné le bonsoir, jusqu'à ce qu'il se mette au lit. "Un tel était au petit du roi, au petit . Il n'est pas du petit . Cela fut dit au petit du roi."
Fig., "Le d'un astre," Le temps où il descend et se cache sous l'horizon. "Le du soleil, d'une planète, d'une étoile. Au du soleil."
En termes de Peinture, "Ce tableau représente un du soleil," Il représente l'aspect du ciel et de l'horizon au moment où le soleil se couche. On dit aussi, "Un de soleil," Un tableau qui représente un de soleil.



9ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, L'usage du lit, la façon dont on est couché, soit bien, soit mal. "Il ne paya rien pour son , pour le . Il est délicat pour le boire, pour le manger, et pour le ."
Il signifie encore, La garniture d'un lit, comme matelas, lit de plume, etc. "Un bon, un mauvais ."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

et neut. ["Kou-ché"; 2e "é" fer.] Mettre quelqu'un au lit, ou s'y mettre soi même; " un" enfant, "un" malade: des valets qui "couchent leur Maître", des femmes de chambre qui "couchent leur" Maîtresse, qui les aident à se déshabiller, et à se .
- "Coucher dans" un lit, "sur" un matelas, "sur" la dûre.
- C'est aussi passer la nuit en quelque endroit. 'Nous allâmes " à" Lyon. '"Coucher dans" un bateau, "dans" un carrosse. = "Coucher", renverser: 'Les vents, les pluies "couchent" les blés. = Mettre par écrit, " sur" le papier, dans un acte. = Mettre au jeu: il "couche à" chaque coup, "cent" pistoles sur une carte. = "Se ", "être couché": Il "s'est couché à" minuit; il "est couché" depuis dix heures. Le Soleil "se couche" à présent, à cinq et vingt minutes. La Lune "est" déjà "couchée".
   "Rem." Quand "coucher" est sans régime, on l'emploie au réciproque, et non pas au neutre. On doit, vous "coucherez avec" moi";" il "a couché à" l'auberge; mais on ne dit pas "allez "; on doit dire, allez "vous ". Regnard a fait cette faute dans le Joueur:
   Et "va " sans bruit.
Il faut dire: "et va se ".
   "Racine" donne au neutre le v. "être" pour auxiliaire:
   Il y "seroit couché" sans manger ni sans boire.
       Plaideurs.
"Il y seroit couché" n'est pas français, dit "d' Olivet", pour signifier, "il y auroit passé la nuit". On dit, en des sens très-diférens, "coucher" et "se ". Le premier, tantôt actif et tantôt neutre, prend pourtant toujours l'auxiliaire "avoir": le second est réciproque, et prend l' auxiliaire "être".
- "Racine le Fils" prétend que c'est une faute d'impression, et qu'on doit lire: "il s'y seroit couché", etc. Mais il n'a pas fait réflexion que, "se " signifie simplement se mettre au lit, ou s'étendre tout de son long sur quelque chôse. Or, ce n'est point assurément là ce que l'Auteur a voulu dire. "D'Olivet".
   COUCHER, pour mettre, "par écrit", n'est plus que du style familier. On ne dirait point dans une Histoire, comme a fait "Pellisson" dans celle de l'"Académie": 'M. de Cerisy "le coucha par écrit".
- On disait aussi, cet homme "couche bien par écrit", pour dire: il écrit d' un bon style. En ce sens, il vieillit, dit l'"Acad."
   On dit encôre, mais seulement dans le style familier, "coucher", ou "être couché sur" l'état, "sur" le rôle. La Fontaine dit dans la Fable de l'"Âne" et "de ses Maîtres".
   ...Il obtint changement de fortune;
   Et "sur l'état" d'un Charbonier
   Il "fut couché" tout le dernier.
   Autre plainte, etc.
   On dit, proverbialement, " à la belle étoile", dehors. "Coucher dans son fourreau", tout vétu.
- "Coucher en joûe", au "propre", mirer avec une arme à feu; au "figuré", avoir en vûe quelque place: Il "couche en joue" cet emploi.
- "Coucher sur le carreau", renverser, tuer.
- "Comme on fait son lit", "on se couche;" les afaires vont selon la peine qu'on se done.
   Rem. "Coucher avec une femme", est une expression basse et peu digne du style de l'Histoire. "Voltaire" dit, d'"Alphonse de Portugal:" 'Il avait eu publiquement, d'une courtisane, un enfant, qu'il avait reconnu. Il "avait couché" très-long-temps "avec la Reine". Malgré tout cela, elle l'accusa d'impuissance.
- Tous les styles sont mélés, dans le "Siecle de Louis XIV", le chef-d'oeuvre de "Voltaire"; et le faut être, ou bien aveugle, ou excessivement prévenu, pour le citer comme un modèle d' écrire l'Histoire.
   COUCHER, s. m. Il n'a point de pluriel, et ne s'unit point avec des adjectifs. Le lever et "le du" Roi. "Le du" soleil. 'Il est délicat pour le boire, pour le manger et pour "le ".
- Il ne prend d'épithète que quand il signifie la garnitûre d'un lit, comme matelas, lit de plume, etc. "Bon", ou "mauvais ".




Emplacement dans le dictionnaire :

cou-jaune
cou-rouge
couaille
couard
couchant
couché
couche
couche-point
couchée

couchette
coucheur
couchis
coucou
coude
coudé
coudée
couder
coudoir
coudraie
coudran




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...dans un coin. Tout de même on nous obligea de souper une seconde fois ; c'est la coutume. Une omelette, encore des crêpes, et des tartines de pain bis avec du beurre. Ensuite, on procéda au coucher de la famille (les hommes d'abord, puis on éteint la lumière, et les femmes se couchent après). Il y avait sous nos matelas de hautes litières faites d'un amas de branches de chêne et de hêtre ;...


Citation n°2 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...dans ma chambre pour essayer de dormir. Après tout, cela ne nous regardait plus ni l'un ni l'autre, le sort du navire ; nous avions fourni notre temps de veille et de travail. Nous pouvions nous coucher maintenant avec cette insouciance absolue qu'on a sur mer lorsque les heures de service sont finies. Dans ma chambre à moi, qui était sur le pont, l'air ne manquait pas, -au contraire. Par les...


Citation n°3 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...traînait par terre, péniblement, sur le ventre et sur les genoux, cherchant des feuilles pour manger. Puis bientôt on se figurait qu'un invincible sommeil vous engourdissait les sens et on allait se coucher dans quelque recoin sous des branches, la tête recouverte de son tablier blanc : on était devenu des cocons, des chrysalides. Cet état durait plus ou moins longtemps et nous entrions si bien dans...


Citation n°4 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...questionnais tout bas, un peu inquiet, elles m'expliquèrent : c'étaient simplement des sachets qu'elles taillaient et qu'elles allaient coudre, pour une vente de charité. Je leur dis qu'avant de me coucher je voulais m'approcher de grand'mère, pour essayer de lui souhaiter le bonsoir, et elles me laissèrent faire quelques pas vers le lit ; mais, comme j'arrivais au milieu de la chambre, se ravisant...


Citation n°5 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...pauvre vieux clocher roman d'une potence avec un drapeau tricolore, a supprimé maintenant cet angelus. donc, c'est fini ; on n'entendra plus jamais, les soirs d'été, cet appel séculaire... aller se coucher ensuite était une chose très égayante, surtout avec la perspective du lendemain jeudi qui prédisposait à s'amuser de tout. J'aurais sans doute eu peur, dans les chambres d'amis qui étaient au...


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